Au revoir Paul et merci

Au revoir Paul et merci

Pourquoi devons-nous souvent attendre qu’une personne disparaisse pour nous y intéresser de plus près ? Pourquoi pensons-nous avoir toujours le temps et nous dire « je verrai cela demain » ? Après il est trop tard. Trop tard pour dire, trop tard pour parler, trop tard pour tout. Mais il n’est jamais trop tard pour s’y intéresser.

Ce mardi 17 novembre 2020, un membre important du Wolu nous a quittés : Paul Sobol.

Je n’ai personnellement jamais connu Paul, juste entendu parler de lui par nos anciens lors de l’une ou l’autre discussion. Je ne m’étais jamais rendu compte, avant aujourd’hui, que Paul était un « passeur de mémoire », un rescapé.

Né à Paris en 1926, il est arrivé à Bruxelles à l’âge de deux ans. Pendant la seconde guerre mondiale et sur dénonciation, lui, ses parents, ainsi que son frère et sa sœur ont été arrêtés et déportés dans le tristement célèbre camp d’Auschwitz.

Paul et sa sœur ont été les seuls survivants de cette famille. Lors d’un bombardement en avril 1945, Paul a réussi à s’enfuir et à se réfugier dans un village parmi des prisonniers français avant d’être libéré par les Américains le 1er mai 1945.

En tapant son nom sur internet, je me suis rendu compte que Paul a transmis régulièrement son témoignage dans les écoles auprès de jeunes afin que de pareilles choses ne se reproduisent plus.

Malgré ses nonante ans passés, Paul est resté très actif et sportif, faisant quotidiennement ses soixante pompes matinales (voir reportage journal RTBF du 25/01/2020).

Je ne sais pas quand Paul s’est mis à la plongée. J’ai appris qu’il était membre fondateur de la FEBRAS, qu’il a été chef de l’école de plongée du RCAS pendant plusieurs années. En 2015, il a fêté ses 55 ans de monitorat. Toujours des défis de plus à mettre à son actif si tant est qu’il lui fallait encore des défis pour prouver son caractère de battant, de guerrier.

Pourquoi guerrier, me direz-vous ? J’ai toujours considéré que les gens qui ont survécu à l’holocauste nazi étaient des guerriers, de vrais guerriers, car il fallait une force inexplicable et inexpliquée pour survivre dans pareils environnements pendant si longtemps. Je ne pense pas que nous serions capables d’endurer le centième de ce que ces gens ont enduré.

Ainsi donc, Paul nous a quittés à l’âge vénérable de 94 ans mais sa mémoire restera à jamais gravée dans nos esprits, dans nos cœurs. Bonne route Paul, ton combat est terminé. Que la paix accompagne ton envol, que l’amour t’accueille à ton arrivée, que ton voyage se fasse sans encombre en attendant le dernier qui nous mènera sous terre. Puissions-nous nous retrouver et, surtout, ne t’inquiète pas, nous perpétuerons ta mémoire par les histoires que tu nous as transmises, par les témoignages que tu nous as laissés, vidéophoniques ou de vive voix auprès de la jeune génération pour que plus jamais pareille horreur ne puisse se reproduire.

Quant à moi, je ne manquerai pas de m’informer auprès des anciens du club pour mieux connaitre Paul afin de pouvoir, moi aussi, transmettre aux jeunes générations son histoire, notre histoire, leurs histoires afin que nul ne les oublie.

Pour le Conseil d’Administration du Wolu Plongée Club,

Patrick D.,

Administrateur